Comment devenir technicien en système de sûreté ?

système de sûreté
Karim m’a appelée un mardi matin. À 38 ans, après quinze ans en logistique, il voulait changer de vie. Son problème ? Il ne savait pas par où commencer. Formation en ligne ou en centre ? CAP électricité obligatoire ? Budget de 2 000 € ou de 15 000 € ? Je l’ai accompagné pendant huit mois. Aujourd’hui, il installe des systèmes d’alarme à Toulouse. Ce parcours, je le vois régulièrement en Occitanie, et je vais vous le détailler sans jargon.

Devenir technicien sûreté en 4 points clés

  • Formation : 700 à 900 heures, soit 6 à 9 mois selon votre profil
  • Coût moyen : autour de 10 500 €, finançable CPF et Région
  • Certification : Titre Professionnel niveau 4 (équivalent Bac), code RNCP 41367
  • Salaire débutant : entre 1 400 et 1 600 € net par mois

Technicien en système de sûreté : un métier concret qui recrute

Soyons clairs : ce métier n’est pas un job de bureau. Vous installez des caméras de vidéosurveillance, vous paramétrez des centrales d’alarme, vous câblez des systèmes de contrôle d’accès. Chaque chantier est différent. Un jour chez un particulier à Montpellier, le lendemain dans un entrepôt logistique près de Perpignan.

Technicien vérifiant l'écran d'une centrale d'alarme intrusion
Diagnostic d’une centrale d’alarme dans un local technique

Les missions quotidiennes tournent autour de trois axes. La maintenance préventive d’abord : vous vérifiez que les installations fonctionnent avant qu’un problème ne survienne. La maintenance corrective ensuite : quand une caméra tombe en panne ou qu’un badge ne fonctionne plus, c’est vous qu’on appelle. L’installation de nouveaux équipements enfin : câblage, raccordement, mise en service.

Côté marché de l’emploi, les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après les offres Indeed de novembre 2025, 149 postes étaient disponibles en France. Les zones qui recrutent le plus ? L’Île-de-France, Lyon, Toulouse. Les entreprises comme SPIE, ARD ou Foliateam embauchent régulièrement.

Ce métier n’est pas pour tout le monde

Travail en hauteur fréquent (échelles, nacelles), déplacements quotidiens, parfois des interventions en urgence le soir ou le week-end. Si vous cherchez des horaires fixes et un bureau climatisé, passez votre chemin. Si vous aimez le terrain et la technique, continuez à lire.

Quel parcours pour obtenir le Titre Professionnel ?

Je recommande de passer par le Titre Professionnel Technicien en Systèmes de Sûreté. C’est une certification de niveau 4, équivalent Bac, reconnue par le Ministère du Travail. Pourquoi ce choix plutôt qu’une formation en ligne ou un CQP ? Parce que c’est la voie la plus sécurisée pour une reconversion réelle.

Selon la fiche RNCP 41367 de France Compétences, ce titre est composé de trois blocs de compétences professionnelles. Bonne nouvelle : l’arrêté du 31 juillet 2025 a prolongé son enregistrement jusqu’au 28 décembre 2030. Vous avez donc le temps de vous lancer.


  • Information collective dans un centre agréé

  • Tests de positionnement et entretien de motivation

  • Entrée en formation (700 à 900 heures)

  • Passage du titre et certification

  • Insertion professionnelle

Les prérequis ? Un CAP électricité ou une bonne maîtrise de l’informatique. Si vous n’avez ni l’un ni l’autre, ne paniquez pas. Dans les promotions que j’ai suivies en Occitanie, les stagiaires qui arrivent sans aucune base en électricité peinent souvent les premières semaines. Une remise à niveau, même légère, change vraiment la donne.

Stagiaires manipulant des équipements de sécurité électronique en atelier
Formation pratique sur banc de test en centre agréé

Si vous cherchez un organisme agréé, le Titre Professionnel Technicien.ne en Système de Sureté proposé par certains centres en Occitanie affiche un taux de réussite solide. Renseignez-vous sur les sessions disponibles près de chez vous.

Karim, 38 ans : de magasinier à technicien sûreté

J’ai accompagné Karim pendant sa reconversion à Toulouse. Après 15 ans en logistique, il craignait de ne pas être assez technique. Son principal blocage ? Le financement. Il avait 4 200 € sur son CPF, loin des 10 000 € nécessaires.

On a monté un dossier mixte : CPF + aide Région Occitanie. Entrée en formation en février, certification en septembre. Quatre mois après son diplôme, il était en poste chez un installateur local. Son salaire d’entrée : 1 550 € net.

Financement et débouchés : ce que vous devez savoir avant de vous lancer

10 465 €. C’est le coût moyen d’un parcours complet. Ça fait peur sur le papier. Mais franchement, personne ne paie cette somme de sa poche. Voici comment font la plupart des stagiaires que j’accompagne.

Comparatif des modes de financement pour la formation TSS
Mode Avantages Inconvénients Délai moyen
CPF seul Autonomie totale, démarche en ligne Reste à charge si droits insuffisants 2 à 4 semaines
CPF + Région Couvre souvent 100% du coût Dossier administratif plus lourd 6 à 8 semaines
Alternance Rémunéré pendant la formation Trouver une entreprise d’accueil Variable
France Travail (ex-Pôle Emploi) Maintien des allocations Validation du projet par conseiller 4 à 6 semaines

Un salarié à temps plein cumule 500 € par an sur son CPF, avec un plafond de 5 000 €. Les salariés peu qualifiés bénéficient de 800 € annuels (plafond 8 000 €). C’est rarement suffisant pour couvrir l’intégralité, d’où l’intérêt de combiner plusieurs financeurs.

Côté salaire, les données Hellowork 2025 donnent une fourchette de 21 600 à 24 500 € brut annuel pour un débutant. Ça tourne autour de 1 450 à 1 650 € net par mois. Avec de l’expérience et des compétences en vidéosurveillance IP ou contrôle d’accès, vous pouvez atteindre 2 500 € net mensuels.

149 offres

emplois technicien sûreté disponibles en France (novembre 2025)

Pour aller plus loin dans votre réflexion, renseignez-vous sur l’obtention d’un diplôme ou certification reconnue et les démarches administratives associées.

Vos questions sur le métier de technicien sûreté

Faut-il un diplôme en électricité pour se lancer ?

Non, ce n’est pas obligatoire. Un CAP électricité facilite l’apprentissage, mais une bonne logique technique et une maîtrise de l’informatique suffisent. Les centres proposent souvent une mise à niveau en début de parcours.

Quelle est la durée réelle de la formation ?

Entre 700 et 900 heures selon les organismes, soit 6 à 9 mois. Cette durée inclut les périodes en entreprise (stage ou alternance).

Le CPF suffit-il à financer la formation ?

Rarement seul. Le coût moyen dépasse 10 000 €. La plupart des stagiaires combinent CPF + aide Région ou CPF + France Travail. Depuis janvier 2026, une participation forfaitaire de 103,20 € reste à votre charge.

Quelles habilitations faut-il obtenir ?

L’habilitation électrique B2V, BR et BC est généralement requise. Elle est souvent intégrée au parcours de formation ou passée en complément.

Le métier recrute-t-il vraiment ?

Les chiffres le confirment : près de 150 offres sur Indeed en novembre 2025, avec une forte demande en Île-de-France, Lyon et Toulouse. Les besoins en sécurité électronique continuent de croître.

Si ce métier vous attire, sachez que d’autres secteurs qui recrutent en reconversion partagent des compétences similaires. Électricien, technicien fibre optique, domoticien : les passerelles existent.

Vos prochaines actions concrètes

  • Vérifiez votre solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr
  • Contactez un centre agréé pour assister à une information collective
  • Demandez un devis détaillé et les options de cofinancement Région

Plutôt que de repousser encore la décision, posez-vous une question simple : dans 9 mois, préférez-vous avoir commencé ou être toujours au même point ?

Mathilde Bernier, conseillère en orientation et formation professionnelle depuis 2018. Basée en Occitanie, elle accompagne chaque année des dizaines de personnes en reconversion vers les métiers techniques. Son expertise porte sur les parcours certifiants dans l'électricité, la sûreté électronique et les réseaux télécoms. Elle intervient régulièrement auprès de centres de formation pour optimiser l'accompagnement des stagiaires.

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